| 23 Août 2009
Il y a un an, 44 d’entre nous ont vu se profiler au loin la côte de Gaza, après 30 heures de traversée en Méditerranée. Nous jubilions. Nous étions arrivés à Gaza. Nous étions effectivement arrivés à Gaza. Nous étions vraiment, vraiment arrivés à Gaza.
Nous étions ARRIVES A GAZA.
Au loin, on aurait dit que des stalagmites avaient poussé dans le paysage. Partout : dans le sable, sur les quais et les rochers, il y avait des gens. Des milliers de Palestiniens nous accueillaient, à coups de sifflets, de cris, faisaient des high five entre eux. D’abord, seul un petit bateau est venu nous saluer. Ensuite, autour de nos deux petits bateaux de pêche fourmillèrent toutes sortes d’embarcations ; des gamins ont sauté à l’eau pour attraper les ballons que nous avions gonflés, les fourraient dans leurs chemises et les attachaient à leur petit bateau. Sur les ballons, l’inscription FREE PALESTINE était entourée d’une colombe et d’une branche d’olivier. Les couleurs étaient celles du drapeau palestinien... blanc, rouge, vert et noir. Une fois que nous avons vu le rivage, nous avons commencé à gonfler les ballons, et les avons fait tomber sur le pont des bateaux, petit tas de couleurs bondissantes prêtes à être libérées.
Sur le flanc de nos bateaux, des bannières en anglais et en arabe disaient... WE ARE COMING (nous arrivons) et END THE OCCUPATION (arrêtez l’occupation).
Nous sommes entrés dans le port avec 17 drapeaux nationaux flottant aux cordages et tout en haut le drapeau palestinien. Des pêcheurs ont grimpé dans nos bateaux pour essayer de nous serrer la main et de nous serrer contre eux. À un moment donné, nous avons craint que nos bateaux ne chavirent et nous jettent tous à l’eau, mais comme ledisaient nos partenaires grecs, ces bateaux sont solides même s’ils ne sont pas jolis.
Notre mal de mer disparut. Notre crainte d’être arrêtés par la marine israélienne s’était évanouie. Pour la plupart, nous n’avions pas dormi et cela nous étaient maintenant égal. Certaines des femmes ont essayé de se peigner les cheveux et de se mettre du rouge à lèvres ; elles se sont ensuite rendu compte que personne ne se souciait de leur aspect hâve et crasseux.
Nous étions arrivés.
Les Palestiniens de Gaza étaient au comble de la joie de nous voir. Cela faisait trois semaines qu’ils nous attendaient. Cela faisait 41 ans qu’ils attendaient une visite d’internationaux. Et ils avaient attendu 60 ans pour que des Palestiniens retournent à Gaza sans passer par les postes de contrôle, les services d’immigration et subir des humiliations de la part des autorités israéliennes et égyptiennes.
On a beaucoup parlé depuis un an de notre opiniâtreté et de notre volonté d’arriver à cette petite enclave que le blocus draconien d’Israël a coupée du reste du monde. Nous ne pensions à rien de tout ça ce jour-là. Pour nous tous, Palestiniens et internationaux, le 23 août 2008 restera un jour inoubliable. Quand nous nous sentons découragés nous revenons à ce souvenir.
Quand nos bateaux ont été éperonnés par la marine israélienne nous avons pensé à cette journée. Quand les Israéliens ont détourné notre bateau, kidnappé nos passagers et les ont jetés en prison, nous étions plus décidés que jamais à continuer nos missions.
Nous retournerons. Nous reviendrons. Nous n’oublierons jamais.
Greta Berlin Co-fondatrice du mouvement Free Gaza
On the sides of both boats were banners in English and Arabic... WE ARE COMING and END THE OCCUPATION
We motored into port, the flags of 17 countries flying from the halyards, the Palestinian flag the highest of them all.Fishermen climbed onto our boats trying to shake our hands and hug us. At one point, we worried that the boats would tip and toss us all into the port, but, just as our Greek partners had said, these boats were sturdy, even if they were not pretty.
Our seasickness disappeared. Our worry that we would be stopped by the Israeli Navy was gone. Most of us had not slept, and we no longer cared. Some of us women tried to comb our hair and put on lipstick, then realized no one minded that we looked haggard and messy. We had arrived.
The Palestinians of Gaza were overjoyed to see us. They had been waiting three weeks for us. They had waited 41 years for internationals to visit. And they had waited 60 years for Palestinians to return to Gaza without going through checkpoints, immigration and humiliation by Israeli and Egyptian authorities.
Much has been written over the past year about our dedication and determination to get to this small enclave, shut off from the rest of the world by Israel's draconian blockade. None of that was on our minds or in our hearts that day. For all of us, Palestinian and International, August 23, 2008 will be a day that none of us will ever forget. If we get discouraged, we pull out that memory. When our boats were rammed by the Israeli navy, we remember that day. When our boat was hijacked and our passengers kidnapped and thrown into prison by the Israelis, we are more determined to continue our missions.
We will return. We will come back. We will never forget.
Greta Berlin
Co-Founder, The Free Gaza Movement
www.freegaza.org
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