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15 Janvier 2009
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La mer ne produit plus ses fruits abondants, il ne reste plus rien des ondulations reflétant le ciel et la mort était l'unique dot laissée par les navires de guerre labourant son liquide fantomatique. Nous continuons à essayer de créer des voies de salut, d'ouvrir un passage jusqu'à cette terre tourmentée, maintenant confisquée et emprisonnée, le moindre de ses recoins violés et réduite à un cimetière pour des morts sans repos. Depuis quelques jours maintenant, même les funérailles sont devenues des cibles pour l'aviation israélienne, comme si les palestiniens assassinés méritaient une ultime punition.
Si un cordon humanitaire lutte pour s'établir et vient en aide à des personnes au bout du rouleau, le "Spirit of Humanity", un de nos bateaux du Free Gaza Movement, sera là pour eux. Il est juste parti aujourd'hui de Larnaca, Chypre et amènera des tonnes de médicaments (de la Campagne Européenne pour la Levée du Siège) au port de Gaza en plus de la quarantaine de médecins, infirmier(e)s, journalistes, parlementaires européens et activistes humanitaires représentant en tout 17 nations. De vrais êtres humains, comme moi-même, comme beaucoup en Italie qui vomissent leur indignation, qui sont prêts à risquer leur vie plutôt que de paresser dans leur salon devant la télévision qui ne révèle qu'une petite partie du massacre qu'on nous inflige. (Les passagers du SPIRIT OF HUMANITY ont été menacés par la marine israélienne leur disant qu'ils allaient être tirés dessus et le bateau est retourné à Chypre ce matin).
Le 27 décembre mes amis ont essayé de venir avec le "DIGNITY" mais ils ont été attaqués par la marine israélienne qui a essayé de les couler. Ils ont lancé un SOS et ont dû partir pour le Liban avec un problème de moteur et une voie d'eau dans la coque. Cette fois ce n'était que par chance que personne n'est été gravement blessé aussi nous espérons que les droits humains ainsi que la vie des activistes seront épargnés demain. Il y a des catastrophes naturelles terrifiantes dans ce monde comme les tremblements de terre et les ouragans qui sont inévitables. Mais à Gaza une catastrophe humanitaire anormale, perpétuée par Israël, est en cours. Elle nuit à un peuple depuis longtemps réduit à une pauvreté abjecte et à la soumission. C'est un peuple désespéré sans pain ou ni lait pour nourrir ses enfants. Il ne sécrète plus de larmes lorsqu'il est en deuil, ses yeux aussi suivent un sévère régime imposé. Le monde entier ne peut ignorer cette tragédie et s'il continue à le faire, nous ne voulons pas faire partie de ce monde. Tous les jours nous invoquons quelqu'un au dessus de nous pour arrêter ce génocide mais pour demain nous demandons seulement que notre petit bateau arrive à Gaza avec sa cargaison de compassion, de paix, d'amour et d'empathie. Puissent les palestiniens, aussi, recevoir les mêmes droits dont jouissent les israéliens ou tout autre peuple sur terre. La mer comme ancre de paix ou comme destination pour la destruction.
D'après l'agence de presse Ma'an, relayée par Reuters, les États-Unis sont prêts à envoyer 3000 tonnes d'armement à Israël par voie maritime depuis la Grèce. Des armes, d'énormes quantités d'explosifs et de mèches, tout ce qui est nécessaire pour raser des milliers de maisons dans la bande de Gaza. Il y a déjà 120 mille personnes sans toit de Gaza à Jabalia mais la plupart incluant beaucoup de mes amis n'ont pas bougé et non nul part où aller. Journalistes, médecins et fossoyeurs: pour 16 jours sans interruption, ces professions ont été les plus occupées à Gaza. Les vautours rôdant au-delà des bombardiers attisent la haine, surtout ceux assis où le regretté feu Arafat avait l'habitude de siéger. Ils brûlent d'envie de venir et de prendre le trône, ou ce qui en restera, sur les cendres de Gaza. Le nombre de mort est maintenant de 923 dont 225 enfants palestiniens horriblement massacrés et de 4 150 blessés. Le nombre de mort du côté israélien est toujours heureusement de 4. Il paraît qu'Olmert a informé son équipe que 1000 morts civils étaient la limite minimum avant l'arrêt de cette brutale attaque et de cet infanticide. C'est un peu ce qui se passe au marché de Vucciria à Palerme où des quartiers de boeuf sont pendus, à l'air libre, pour que le sang s'égoutte et vous marchandez le prix de la viande - tant par kilo.
Peu de palestiniens maintenant ratent les apparitions d'Ismail Haniyeh sur le petit écran ici dans la Bande de Gaza. On ne peut pas parler d'une trêve sans prévoir en même temps l'arrêt du siège. Continuer à garder Gaza assiégée maintenant qu'elle a été réduite à un tas de gravats, ne pas permettre la nourriture et les médicaments d'arriver, empêcher les malades et les blessés de sortir revient à les condamner à une agonie encore plus longue. Ceux-ci étaient en résumé les mots prononcés par le chef du Hamas depuis un bunker souterrain situé on ne sait où. Ces mots trouvent un écho dans l'opinion public de Gaza. C'était le discours d'un chef qui aurait pu fuir et trouver refuge ailleurs mais qui a, au contraire, décidé de risquer qu'une bombe lui tombe dessus comme n'importe qui.
Cette prose que j'écris a été interrompue par l'habituelle intimidation téléphonique ordonnant l'évacuation du bâtiment avant un bombardement. Je me trouve dans l'immeuble qui abrite les principaux médias internationaux entre autres Al Jazeera, Ramattan et Reuters (il vient d'être bombardé ce matin et un journaliste a été blessé. Israël connaissait exactement l'emplacement des bureaux, le bureau de Reuters à Jérusalem lui ayant donné les coordonnées).
Nous avons été obligés de débrancher nos PC, de descendre rapidement et de nous retrouver dans la rue où nous avons gardé notre regard fixé sur le ciel en essayant de deviner d'où viendrait le tonnerre destructeur. Il n'y aura pas de caméras ou de journalistes dehors ce soir pour documenter le massacre des civils. Nous soupçonnons qu'il y aura plus d'innocentes victimes que d'habitude. Toujours attendant dans la rue, je regarde Alberto et lui fais un clin d'oeil, il se rapproche et je lui demande en murmurant si il pense qu'il est possible que la menace téléphonique nous visait spécialement tous les deux, ayant découvert qu'un site web américain avait annoncé que nos têtes étaient mises à prix: ALERTE L'ARMÉE ISRAÉLIENNE CIBLE L'ISM
#1 L'ISM EST UNE CIBLE POUR L'ARMÉE DE L'AIR ISRAÉLIENNE ET POUR L'ARMÉE DE TERRE: VITTORIO ARRIGONI EST ACTUELLEMENT À GAZA ET AIDE LE HAMAS "L'avenir prononcera sa sentence sans appel: comment une haine comme celle-ci était le plus pure des sentiments et comment la hargne envers ce qui est différent a embrasée des armées entières et était le sentiment qui a rassemblé des foules énormes.
Il n'y a pas de raison pour mes ennemis et ceux qui veulent mon martyre de téléphoner à ce numéro. L'armée israélienne sait exactement où me trouver ce soir - avec les ambulances de l'hôpital Al Quds dans la ville de Gaza.
Restez humain
Vittorio Arrigoni
Lien du Manifeste (en italien): http://www.ilmanifesto.it/il-manifesto/ricerca-nel-manifesto/vedi/nocache/1/numero/20090113/pagina/01/pezzo/239269/?tx_manigiornale_pi1%5BshowStringa%5D=collante&cHash=3f87794501
lien permanent: http://guerrillaradio.iobloggo.com/archive.php?eid=1772
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