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03 Juin 2010
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L’ambassadeur israélien aux États-Unis admet que les bateaux étaient «trop grands pour être immobiliser par des moyens non-violents».
Le 31 mai 2010, les commandos d’élite de l’armée israélienne ont pris d’assaut les six navires de la Flottille de la Liberté pour Gaza qui transportaient de l’aide humanitaire. Ils ont tué entre 9 et 20 passagers civils et en ont blessé des douzaines. Alors que la lumière se fait sur la manière dont s’est déroulé l’attaque, il est clair que ces meurtres ne peuvent en aucun cas être justifiés.
AVANT L’ASSAUT ISRAÉLIEN - La Flottille de la Liberté
La Flottille de la Liberté était une tentative d’une coalition d’organisations de défense des droits humains et d’organisations humanitaires pour briser sans violence le blocus illégal établi par Israël et pour acheminer de l’aide humanitaire et de développement, tellement nécessaire, aux palestiniens de Gaza. Près de 700 passagers de plus de 40 pays ont pris part à la flottille. Parmi eux, il y avait des activistes de défense des droits humains, des travailleurs humanitaires, des membre de parlements, des docteurs, des infirmiers, des professeurs, des représentants de la société civile et des journalistes internationaux.
Les partenaires principaux de la coalition étaient:
* Insani Yardim Vakfi (IHH), le partenaire le plus important de la coalition avec deux cargos battant pavillon turc, un navire de passagers, le «Mavi Marmara», battant également pavillon turc et 380 passagers turcs. C’était la première tentative pour IHH de briser le blocus de Gaza. *la Campagne Européenne Pour Arrêter le Siège de Gaza (ECESG) avec le bateau de passagers «Sfendoni» battant pavillon grec. C’était la deuxième mission vers Gaza de la Campagne Européenne.
*Le Free Gaza Movement avec le bateau de passagers «Challenger I» battant pavillon américain. C’était la neuvième mission vers Gaza de Free Gaza.
*Un Bateau pour Gaza/Suède et Un Bateau pour Gaza/Grèce avec le cargo «Eleftheri Mesogeis» battant pavillon grec. C’était le premier voyage pour Un Bateau pour Gaza/Suède et le quatrième pour Un Bateau pour Gaza/Grèce.
Tous les bateaux ont été minutieusement examinés par les autorités portuaires locales en Grèce et en Turquie avant leur départ. De plus, la coalition a utilisé les services d’une société de sécurité indépendante pour fouiller les navires et certifier qu’aucune arme ne se trouvait à leur bord. Tous les passagers ont suivi un entraînement sur la non-violence et ont aussi tous été fouillés avant de monter à bord pour vérifier qu’ils n’amenaient aucune arme avec eux. Le gouvernement de la Turquie, qui est membre de l’OTAN, a enquêter minutieusement sur tous les passagers turcs pour s’assurer qu’aucun d’eux n’avait de lien avec des groupes extrémistes. Ces procédures de précaution ont été prises délibérément pour empêcher les officiels israéliens de la propagande de ne pouvoir en aucun cas prétendre que la Flottille de la Liberté posait une «menace à la sécurité» d’Israël.
Il y avait un flux satellite en direct transmettant le voyage du Mavi Marmara ainsi que des transpondeurs GPS montrant, à tous moments, la position exacte de la flottille à toutes les personnes regardant la page internet de la coalition. L’intention de la Flottille de la Liberté n’a jamais été de «provoquer une confrontation», mais simplement d’acheminer de l’aide humanitaire, tellement nécessaire, à Gaza assiégée et ainsi d’attirer l’attention sur les politiques brutales israéliennes qui forcent les palestiniens à vivre dans un état d’appauvrissement et de dépendance.
AVANT L’ASSAUT ISRAÉLIEN - Le Gouvernement Israélien
Le 27 mai, Bloomberg News a rapporté qu’Israël menaçait d’utiliser ses forces militaires et d’«utiliser tous les moyens à sa disposition pour arrêter les bateaux» ('Israel Threatens Naval Action to Stop Aid Ships Bound for Gaza')
Le 28 mai, Associated Press a rapporté que le gouvernement israélien se préparait à arrêter la flottille «à tous prix», y compris être «préparé à utiliser la force». ('Israeli gunships head to sea to block flotilla'). Il a été rapporté, aussi, que des commandos masqués de la marine «s'entraînaient» à arrêter la flottille.
Le 1er juin, le Guardian a rapporté que Matan Vilnai, adjoint du Ministre de la Défense, a suggéré que les militaires israéliens avaient saboté plusieurs des bateaux de la Flottille de la Liberté. La flottille a effectivement été retardée de deux jours à cause de problèmes mécaniques inattendus et 3 des 9 bateaux qui devaient faire partie de la flottille ont été forcés d’abandonner. ('Gaza aid flotilla: Israeli sabotage suspected,' Guardian, 1 June 2010)LE MASSACRE À BORD DU MAVI MARMARA
Le 31 mai, profitant de l’obscurité, les forces militaires israéliennes ont encerclé la Flottille de la Liberté dans les eaux internationales. Les commandos masqués et armés ont pris d’assaut les 6 navires, par la mer et par les airs, tuant entre 9 et 20 civils. Après plus de 2 jours, Israël refuse toujours de fournir les noms et les identités des morts, ni même confirmer le nombre de passagers tués par son armée.
Une porte-parole militaire israélienne, Avital Leibovich, a confirmé que l’assaut avait eu lieu dans les eaux internationales, déclarant: « C’est arrivé dans les eaux hors du territoire israélien, mais nous avons le droit de nous défendre».
Les passagers à bord du Mavi Marmara avaient-ils, eux aussi, le même droit de se défendre?
Israël a diffusé des montages sélectifs des vidéos de la confrontation, prétendant que les passagers civils à bord du Mavi Marmara ont essayé de «lyncher», au début de la prise d’assaut du bateau, les commandos militaires bien armés. Le ministre de la défense, Ehud Barak, a fait l’éloge des commandos en déclarant: «Vous avez mené votre mission à bien et vous avez empêché la flottille d’atteindre Gaza. Nous devons toujours nous rappelé que nous ne sommes pas l’Amérique du Nord, ni l’Europe de l’Ouest, nous vivons dans le Proche-Orient, un endroit où il n’y a pas de clémence pour les faibles et où il n’y a pas de seconde chance pour ceux qui ne se défendent pas». ('Barak: In the Middle East, there is no mercy for the weak,’ Haaretz, 2 June 2010.)
Une fois de plus, on peut se demander si ce sentiment s’étend aussi aux civils tués par ces commandos.
En opposition avec le compte-rendu israélien des événements, évidemment absurde, Jamal Elshayyal, correspondant d’Al-Jazeera à bord du Mavi Marmara a pu faire parvenir un court reportage avant que les forces israéliennes ne coupent toutes les communications avec les bateaux. Le reportage d’Elshayyal contredit la version israélienne des événements, déclarant qu’Israël a tiré à balles réelles sur les civils après qu’ils aient hissé le drapeau blanc. Vous pouvez voir le reportage ici: http://english.aljazeera.net/news/middleeast/2010/05/201053133047995359.htmlLes comptes rendus des quelques passagers, témoins oculaires, libérés contredisent eux aussi directement la version israélienne. D’après Nilufer Cetin, qui était à bord du Mavi Marmara avec son enfant âgé d’un an, «L’opération a démarré immédiatement avec des tirs. Premièrement, c’était des tirs de sommation, mais quand le Mavi Marmara n’a pas voulu s’arrêter, ces avertissements se sont transformés en attaque. Il y avait des grenades fumigènes et des grenades incapacitantes et ensuite ils ont utilisé des grenades à gaz. Après les grenades, ils sont descendus sur le navire depuis les hélicoptères». ('Israelis opened fire before boarding Gaza flotilla, say released activists,' Guardian, 1 June 2010)
Le récit de Cetin est seulement l’un des nombreux récits qui contredisent la version israélienne. Haneen Zoubi, membre de la Knesset et une des parlementaires à bord de la flottille, a déclaré que les navires de guerre israéliens ont cernés le Mavi Marmara, tirant sur le bateau avant de lancer l’assaut.
À une conférence de presse à Nazareth, juste après sa libération, Haneen Zoubi a aussi déclaré que: «Israël a eu plusieurs jours pour planifier cette opération militaire. Ils voulaient beaucoup de morts afin de nous terroriser et pour envoyer un message: aucune flottille d’aide humanitaire ne devrait essayer de briser le siège de Gaza dans le futur».('Israeli Knesset member rejects navy account of attack,' Irish Sun, 2 June 2010)
Yonatan Shapira, ancien pilote de l’armée israélienne, qui faisait parti du même escadron qui a lancé l’assaut sur le Mavi Marmara, a déclaré: «Aucun pilote israélien ne laisserait sauter sur un navire en pleine mer et en pleine nuit, durant une telle opération, des commandos sans qu’ils aient avec eux des balles réelles. Des containers pour les paintballs ont peut-être été attachés sur les armes automatiques qu’ils avaient, mais il n’y a aucun doute que les soldats avaient des balles réelles et étaient prêts à les utiliser».
Le 2 juin, dans un entretien sur le Diane Rehm Show, programme radio américain de diffusion nationale, Michael Oren, ambassadeur israélien aux États-Unis, a déclaré qu’au moment de préparer leur assaut sur le Marmara, le gouvernement israélien a conclu que le navire était «trop grand pour être immobiliser par des moyens non-violents».
Il y a des preuves évidentes que l’état d’Israël pourrait avoir, délibérément et avec préméditation, voulu provoquer une confrontation afin d’assassiner des civils naviguant à bord de la Flottille de la Liberté et par conséquent, décourager d’une manière violente toute autre tentative d’acheminer de l’aide humanitaire aux palestiniens de Gaza assiégée.
Le Free Gaza Movement appelle la communauté internationale à appliquer les normes et les lois internationales, à enquêter rigoureusement sur ces crimes et à tenir les officiels israéliens redevables pour le meurtre délibéré d’activistes de défense des droits humains et de travailleurs humanitaires à bord de la Flottille de la Liberté.
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