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25 Août 2009
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News
Mexico City, 18 août 2009
Ces 10 derniers jours, j'ai apporté le message du Mouvement Free Gaza à Veracruz, au Mexique. J'ai donné au total quatre cours sur la Palestine à différents groupes de médecins de famille mexicains dans les deux villes les plus importantes de l'État de Veracruz : Xalapa et Puerto de Veracruz.
C'était ma quatrième visite à Veracruz en huit ans. J'ai aidé à mettre sur pied un Programme d'Échange de Médecins de Famille (FAMEX).
Cet échange culturel ou intercambio concerne des médecins de famille de l'État de Washington et de l'Etat mexicain de Veracruz.
Nous avons reçu à ce jour 8 médecins mexicains dans l'État de Washington, y compris à Seattle et à Omak, et nous avons envoyé plus de 15 médecins travailler avec des médecins de famille mexicains à Veracruz.
Pour ceux d'entre vous qui ne le savent pas, le tube "La Bamba " vient de Veracruz. Plus d'un siècle avant que la vedette chicano Ricardo Valenzuela (Richie Valens) en ait fait un hit aux Etats-Unis dans les années 50, la Bamba avait été une chanson folklorique traditionnelle de Veracruz.
Xalapa (également orthographié Jalapa), capitale de l'État, jouit d'un climat tropical luxuriant, modéré et se perche à 1430 mètres (4000 pieds) pas loin du sommet le plus haut du Mexique. À 5611 mètres (environ 18000 pieds), les Orizaba de Jalapa sont appelé Jalapenios. C'est une ville universitaire avec des artisans et des musiciens bohèmes. La campagne est entourée d’une jungle luxuriante, de plantations de café et de canne à sucre, de chutes d'eau et on y fait du rafting en eaux vives.
Le programme résident Xalapa de pratique familiale est patronné par le programme national de soins de santé du Mexique, IMSS, ( Instituto Mexicano del Seguro Social). L’IMMS, qui compte 66 cliniques de soins primaires, se trouve dans un grand bâtiment en briques au centre de la ville. J'y ai donné mon premier cours à un groupe de résidents de troisième année qui étaient sur le point de partir pour leurs 6 mois de pratique dans les hôpitaux ruraux de Chicontepec et de Papantla dans le nord de l’état de Veracruz où ils traitent des patients aztèques (Nahuatl) et des Totanaco.
Pour préparer ces résidents de pratique familiale aux soins post-traumatiques, je leur ai donné un cours par power point que j'avais initialement préparé il y a un an pour les premiers passagers du Free Gaza et intitulé : Manuel sur traumatismes-premiers secours. J'ai initialement donné ce cours en anglais, l'année dernière aux passagers du Free Gaza à l'Université de Nicosie à Chypre.
Le manuel a été conçu pour faire connaître à ces passagers les bases des premiers secours au cas où nos bateaux seraient attaqués par la Marine israélienne ou par la force aérienne ou pour d'autres désastres en mer ou pour le cas où il nous faudrait soigner nos compagnons de voyage blessés. Heureusement, il n’y a pas eu jusqu'à présent de voyageurs grièvement blessés lors des voyages de Free Gaza.
Ici, à Xalapa, j'ai traduit les diapositives power point en espagnol avec l'aide d'amis mexicains et j’ai donné le cours en espagnol (en fait, en spanglish). La projection contient des photos authentiques et crues ainsi que les DVD de victimes palestiniennes traumatisées lors des massacres israéliens de novembre 2006 à Beit Hanoun, dans la Bande de Gaza, où plus de 100 personnes ont été tuées et plus de 300 ont été blessées. J'ai visité la Bande de Gaza une semaine après ces horreurs.
Les médecins de la Palestine Medical Relief Society m'ont donné ces images assez crues, en me disant, "emmène-les et montre leur ce qui nous arrive vraiment!" Et c'est donc ce que j'ai essayé de faire. Beaucoup de personnes qui vivent à l'extérieur ont trouvé ces images très gênantes et de mauvais goût. Mais les médecins mexicains, qui vivent dans une société plus pragmatique et réaliste en matière de mort, ne s’en émurent pas autant. Après tout, le Mexique est le pays du “Dia de los Muertos” (jour des morts) le 2 novembre.
En dehors de l'enseignement sur les bases des soins post-traumatiques, cette présentation a également sensibilisé les résidents mexicains aux horreurs subies par le peuple palestinien aux mains de la machine de guerre israélienne.
Ces résidents mexicains ne connaissaient pas tellement bien le Moyen-Orient ; en revanche, leur opinion n'avait pas été faussée par la désinformation sur Israël émanant des groupes de pression, ce qui est le cas typique des publics états-uniens. Ils avaient donc l'esprit plus ouvert ; ils étaient plus réceptifs à ma présentation et plus compatissants envers la situation palestinienne actuelle.
Je pouvais également faire ma présentation sans aucun problème. Les partisans d'Israël n'ont pas essayé de m'intimider ou de me faire taire en prétendant que ma conférence était « trop politique ». C'est certainement ce qui serait arrivé si j'avais essayé de faire la même conférence en anglais à l'École de Médecine de l'université de Washington au à l'académie des médecins de famille de Washington.
À Tacoma (Washington ), j’allais présenter, il y a un an et demi, les soins médicaux en Palestine ainsi que la situation en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza ; tout devait se passer devant la Pierce County Medical Society. Une salle avait été réservée et des prospectus avaient été envoyés à tous les membres. La société allait me payer 500 $ d'honoraires. Une semaine avant la présentation, j'ai reçu un appel du Président de la County Medical Society.
Il s’excusait de devoir annuler mon programme à cause des plaintes de membres sionistes de la société qui menaçaient de démissionner si je faisais ma présentation. Au temps pour la liberté d’expression dans nos bons vieux USA... Au Mexique, je n'ai pas dû m’en inquiéter! J'ai juste dû essayer de parler la langue sans trop la massacrer.
Ensuite, j’ai fait deux heures de bus jusqu’à la ville portuaire de Veracruz. Le Conquistador, Hernan Cortes, a débarqué ici en 1519. El Puerto, comme on appelle la ville principale de Veracruz, est la plus vieille agglomération européenne continûment habitée sur le continent des Amériques ; seules les colonies espagnoles à Cuba et à Hispaniola (actuellement Haïti et la République Dominical) sont plus anciennes.
C'est un port de mer humide et étouffant. Au milieu du mois d'août, il rappelle le port de Larnaca à Chypre, mais il est loin d'être aussi cher. Il est gardé par un ancien fort espagnol, San Juan Ulua, qui a protégé l'Armada espagnole et la ville des pirates britanniques et français qui arrivaient depuis les Caraïbes. On fait de la musique et on danse sur la place principale jusqu'à 3:00 du matin. (J'ai déjà fait tout ça, mais pas cette fois-ci). Je suis allé danser la salsa cubaine avec mes collègues et faire de la plongée sous-marine.
A Puerto de Veracruz, j'ai donné les deux mêmes cours qu’à Xalapa. Le dernier cours sur Free Gaza a été le plus stimulant ; il se donnait dans un grand amphithéâtre et nous avons été reliés, via telemedicine aux hôpitaux ruraux de Poza Rica, Papantla et de Chicontepec qui sont éloignés de trois à six heures de route ainsi qu’à Xalapa.
Le seul problème pour cette présentation finale hi-tec était que personne ne connaissait bien l’anglais. J'ai donc dû présenter péniblement l'histoire d'Israël - Palestine et du mouvement Free Gaza en espagnol. Le message est passé, mais pas de façon aussi éloquente qu'en anglais. Dans l'ensemble, ces conférences ont touché plus de 200 médecins de famille au Mexique.
Photos sur Flickr: http://www.flickr.com/photos/docbill/sets/72157622016016307/
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